Une étude internationale révèle le mécanisme des rares thromboses liées à certains vaccins contre le Covid-19

Une équipe internationale de chercheurs a mis en lumière le mécanisme scientifique à l’origine des rares cas de thromboses observés chez certains receveurs de vaccins anti-Covid-19 à vecteur adénoviral, mettant fin à des années d’incertitude quant à leurs causes.

Depuis le début des campagnes de vaccination, un nombre limité de cas de caillots sanguins graves a été signalé après l’administration de certains vaccins, sans qu’une explication précise ne permette de comprendre leur origine ni la nature du dysfonctionnement immunitaire sous-jacent.

Des chercheurs du Canada, d’Australie et d’Allemagne sont parvenus à identifier l’erreur immunitaire responsable de ces complications. Ils expliquent que le phénomène débute par une réponse immunitaire normale qui, dans des circonstances extrêmement rares, dévie de son objectif initial.

Le trouble survient lorsque le système immunitaire confond sa cible virale avec une protéine de l’organisme. Il produit alors des anticorps qui attaquent une protéine sanguine naturelle appelée « facteur plaquettaire 4 », provoquant une affection connue sous le nom de « thrombocytopénie thrombotique immunitaire induite par le vaccin ».

L’étude précise que la forte similitude entre une protéine virale, dite « protéine VII », et la protéine humaine en question favorise cette confusion immunitaire. Toutefois, la situation ne devient problématique que si une mutation génétique très précise survient dans une seule cellule immunitaire.

Le danger de cette mutation réside dans le fait qu’elle ne modifie qu’un seul acide aminé, mais cela suffit à rediriger l’anticorps vers la protéine humaine au lieu de la protéine virale, entraînant une activation anormale des plaquettes et la formation simultanée de caillots avec une diminution de leur nombre.

L’équipe de recherche affirme avoir identifié la même mutation dans tous les échantillons analysés provenant de patients touchés par ces thromboses. Les scientifiques ont également réussi à inverser cette mutation en laboratoire, ce qui a fait perdre aux anticorps leur capacité à provoquer la coagulation, renforçant ainsi l’hypothèse d’un lien de causalité direct.

Le professeur émérite Theodore Warkentin, de l’Université McMaster au Canada et auteur principal de l’étude, a souligné que cette découverte fournit une explication moléculaire précise de la manière dont une réponse immunitaire normale peut, dans de très rares cas, dévier de sa trajectoire. Il a ajouté que la compréhension de ce mécanisme constitue une étape cruciale vers la prévention.

Cette avancée répond à plusieurs interrogations qui ont longtemps préoccupé les chercheurs, notamment le lien entre ces cas et les vaccins à vecteur adénoviral ou certaines infections naturelles, leur extrême rareté, la variation de leur fréquence selon les populations, ainsi que leur apparition plus fréquente après la première dose.

Enfin, cette meilleure compréhension ouvre la voie au développement de vaccins plus sûrs à l’avenir, en permettant de repenser la conception des composants viraux afin de préserver leur efficacité tout en réduisant le risque de cette erreur immunitaire rare.

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