Étude.. le réchauffement climatique accroît davantage que prévu les risques liés à la chaleur chez les personnes âgées
Une récente étude publiée ce mardi 18 août dans la revue « Lancet Planetary Health » avertit que le changement climatique exposera les personnes âgées à des vagues de chaleur sans précédent et bien plus dangereuses que ne le laissent entendre les prévisions actuelles pour les prochaines décennies.

Les modèles de recherche développés par une équipe de l’Université américaine de Stanford revêtent une importance particulière, alors que leur publication intervient au cours d’un été marqué par des vagues de chaleur inédites en Europe et en Amérique du Nord.
Dans leur étude, les chercheurs se sont concentrés sur l’évaluation des risques que représente le réchauffement climatique pour les personnes âgées, notamment face à des températures susceptibles de dépasser leurs capacités de tolérance d’ici 2100.
Les chercheurs soulignent que les précédentes estimations des risques encourus par les personnes âgées étaient inférieures à la réalité, car elles reposaient sur des données anciennes. Cette sous-estimation est principalement liée à « l’indice de chaleur humide », qui évalue la dangerosité de la chaleur en tenant compte du taux d’humidité dans l’air, sachant que les effets sanitaires de la chaleur s’intensifient à mesure que l’humidité augmente.
L’équipe de recherche a expliqué que les critères auparavant utilisés pour mesurer les risques liés à la chaleur humide provenaient d’expériences menées sur des jeunes en bonne santé, ce qui ne permettait pas de refléter la réalité physiologique et sanitaire des personnes âgées.
De récentes études portant sur des groupes d’âge plus avancés ont ainsi montré que les risques auxquels les personnes âgées sont confrontées dans de telles conditions climatiques sont nettement plus importants qu’on ne le pensait auparavant.
En combinant ces nouvelles données avec les projections relatives au vieillissement de la population mondiale et à l’augmentation future du nombre de personnes âgées, les chercheurs ont conclu que les vagues de chaleur dépassant les limites de tolérance humaine toucheront des populations plus larges, s’étendront sur des zones géographiques plus vastes et dureront plus longtemps que ne l’indiquaient les précédentes estimations.
À titre d’exemple, les modèles indiquent — en tenant compte des différences méthodologiques — que si la température mondiale augmente de 1,5 °C d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels, 22 % des personnes âgées de plus de 60 ans pourraient être exposées à des températures dangereuses pendant plus d’un mois chaque année.
Dans ce contexte, les chercheurs soulignent que les pays les plus vulnérables seront ceux où une grande partie de la population ne dispose pas de moyens suffisants pour se protéger contre la chaleur. Ils appellent ainsi à faciliter l’accès aux dispositifs de refroidissement, notamment à la climatisation, tout en insistant sur la nécessité de réduire les émissions de carbone comme mesure essentielle pour limiter ces risques.
