La NASA se prépare à lancer le télescope « Roman » pour percer les secrets de la matière et de l’énergie noires
L’Agence spatiale américaine (NASA) se prépare à lancer, ce dimanche 30 août, le télescope spatial « Roman », dans le cadre d’une mission visant à établir une cartographie inédite de l’Univers. Ce projet, prévu sur plusieurs années, ambitionne de lever le voile sur certaines des plus grandes énigmes de la physique.
Selon les informations communiquées, le télescope, qui mesure plus de 12 mètres de haut, doit être lancé à 7 h 26 (11 h 26 GMT) depuis la Floride, à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX.
Le président américain Donald Trump avait déclaré, lors d’une cérémonie organisée vendredi au siège de la NASA, que ce télescope de nouvelle génération permettrait de révéler les secrets de l’Univers.
La fabrication du télescope a nécessité plus de dix ans de travail et un investissement supérieur à quatre milliards de dollars. Il a été baptisé en hommage à Nancy Grace Roman, l’une des grandes figures de l’astronomie américaine, surnommée la « mère de Hubble ».
Alors que Hubble a permis de montrer que l’Univers s’étendait plus rapidement qu’on ne le pensait, Roman tentera de répondre aux questions encore en suspens concernant cette expansion et d’établir un « nouvel atlas de l’Univers », selon Jared Isaacman, administrateur de la NASA, lors d’une présentation du projet en avril dernier.
Grâce à un champ de vision plus de cent fois supérieur à celui de Hubble et largement plus vaste que celui du télescope James-Webb, Roman pourra observer d’immenses portions du ciel depuis un point situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, qu’il atteindra après un voyage d’environ cent jours. Le télescope a également été conçu pour fonctionner en complémentarité avec d’autres instruments afin de découvrir des milliers d’exoplanètes et des dizaines de milliers de supernovæ.
À ce propos, Dave Content, responsable technique du télescope, a expliqué que Roman permettra de constituer le plus vaste catalogue d’objets célestes jamais réalisé. Ces données contribueront à mieux comprendre la fréquence des systèmes planétaires semblables au nôtre et à approfondir les connaissances sur la matière noire et l’énergie noire, qui représenteraient ensemble 95 % de l’Univers. Grâce à ses capacités d’observation dans l’infrarouge, le télescope pourra également détecter la lumière émise par des objets célestes il y a plusieurs milliards d’années.
Ces observations, qui compléteront celles de l’observatoire Vera-C.-Rubin au Chili et de la mission Euclid de l’Agence spatiale européenne, suscitent de grandes attentes. Julie McEnery, astrophysicienne responsable scientifique du télescope, a indiqué que les données recueillies permettront de tester la validité du modèle cosmologique standard, alors que certaines observations suggèrent que l’expansion de l’Univers à ses débuts ne correspond pas entièrement aux prédictions établies.
L’ensemble des données sera accessible au public et aux scientifiques du monde entier, malgré un volume considérable dépassant les capacités de stockage et de traitement des ordinateurs portables ordinaires. La NASA s’attend à ce que leur analyse débouche sur des découvertes inattendues susceptibles d’ouvrir la voie à de nouvelles questions scientifiques.
