L’Union européenne accélère ses efforts pour faire de l’intelligence artificielle un levier stratégique afin de préserver sa position historique dans le secteur manufacturier, dans un contexte de concurrence mondiale de plus en plus intense avec les États-Unis et la Chine.
Si l’Europe accuse un retard par rapport aux États-Unis et à la Chine dans le développement des systèmes d’intelligence artificielle destinés au grand public, elle dispose en revanche d’un atout majeur : un immense patrimoine de données industrielles et plus d’un siècle d’expertise dans la fabrication. Cette richesse lui offre l’opportunité de développer des technologies capables d’automatiser entièrement les usines et de mieux comprendre les produits recherchés par les consommateurs, un avantage dont ne disposent pas les grands modèles de langage ni les agents conversationnels développés aux États-Unis ou en Chine.
Cette force pourrait permettre à l’Europe de compenser son retard dans certains domaines de l’intelligence artificielle. La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, estime ainsi que si l’Europe a peut-être perdu la course au meilleur modèle de langage, elle n’a certainement pas perdu celle de l’intégration de l’IA au sein de ses entreprises. Selon elle, cet enjeu relève à la fois de la souveraineté, de la compétitivité et de la capacité du continent à préserver son poids économique à l’avenir.
D’après un rapport de Bloomberg, les industriels européens sont confrontés à une pression croissante pour améliorer leur productivité, qui recule progressivement face à celle de leurs concurrents, notamment asiatiques. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle industrielle apparaît comme une solution capable de réduire cet écart.
L’amélioration de la productivité est devenue une priorité pour l’Europe. Un rapport publié en mai dernier par le Boston Consulting Group (BCG) révèle qu’environ 1 000 milliards de dollars de valeur manufacturière risquent d’être transférés d’Europe occidentale et des pays nordiques vers d’autres régions du monde.
Face à cette situation, l’industrie européenne cherche désormais à exploiter pleinement le potentiel de l’intelligence artificielle afin de renforcer sa compétitivité. À ce titre, Mistral AI, principal concurrent européen de groupes tels qu’Anthropic et OpenAI, concentre ses efforts sur le développement d’applications industrielles basées sur l’intelligence artificielle.
