Une nouvelle étude médicale britannique a révélé que la baisse du taux d’oxygène dans le corps n’affecte pas seulement le système respiratoire, mais provoque également des perturbations profondes et durables dans le système immunitaire, rendant l’organisme plus vulnérable aux infections, même après le retour à une respiration normale.
Selon les résultats de la recherche menée par des scientifiques de l’Université d’Édimbourg, le manque d’oxygène entraîne des modifications génétiques et structurelles au sein des cellules immunitaires appelées neutrophiles, qui constituent l’une des premières lignes de défense contre les microbes. Ces changements réduisent la capacité de ces cellules à reconnaître et à attaquer efficacement les agents pathogènes.
L’équipe scientifique a basé son étude sur l’analyse d’échantillons de sang de patients ayant survécu au syndrome de détresse respiratoire aiguë, ainsi que de personnes vivant dans des zones de haute altitude, connues pour leur faible concentration en oxygène.
Les chercheurs ont découvert que la carence en oxygène stimule un processus biologique complexe appelé « élagage des histones », qui modifie l’organisation de l’ADN et conduit à la désactivation ou à l’activation de certains gènes responsables de la réponse immunitaire.
L’étude a également souligné que ces transformations ne se limitent pas aux cellules immunitaires déjà présentes dans le sang, mais s’étendent aussi aux cellules souches de la moelle osseuse, ce qui signifie que le manque d’oxygène peut reprogrammer durablement le système immunitaire.
Les experts estiment que ces résultats pourraient expliquer pourquoi certains patients continuent à présenter une immunité affaiblie après avoir surmonté des maladies respiratoires graves, comme la pneumonie ou la COVID-19. Ils précisent que comprendre ce mécanisme pourrait aider à développer des traitements préventifs capables de rétablir l’équilibre fonctionnel du système immunitaire après une détresse respiratoire.
