Se réveiller à plusieurs reprises avec une sensation de fatigue malgré de longues heures de sommeil n’est peut-être pas une simple lassitude passagère, mais le signe d’un trouble de santé caché : l’apnée du sommeil. Ce trouble, qui touche un très grand nombre de personnes dans le monde, se manifeste par des arrêts involontaires de la respiration pendant le sommeil, sans que le patient en ait conscience. Cela entraîne une baisse du niveau d’oxygène et une détérioration progressive de la santé générale.
Le Dr Ahmed Yassine Bahjat, spécialiste en chirurgie ORL et en chirurgie du sommeil, indique que plus d’un milliard de personnes souffrent de cette condition à travers le monde, la plupart sans même le savoir.
Parmi les symptômes courants figurent les maux de tête au réveil, la fatigue chronique et des troubles de la concentration. Le trouble peut également évoluer et affecter le cœur et le cerveau. Beaucoup de personnes pensent à tort que leurs douleurs à la tête sont dues aux sinus, alors que la véritable cause peut être une mauvaise respiration nocturne.
Les signes les plus visibles incluent le ronflement fort, la fatigue persistante malgré un sommeil suffisant, et les arrêts respiratoires observés par l’entourage durant la nuit. Pour faciliter le diagnostic, les médecins utilisent le test « STOP-BANG », basé sur une série de questions concernant les symptômes et les facteurs associés.
Les avancées technologiques ont permis de surveiller la respiration nocturne à domicile, sans nécessité d’hospitalisation. Des dispositifs compacts, semblables à des montres, permettent désormais de mesurer la respiration et les niveaux d’oxygène pendant la nuit à la maison.
Côté traitement, plusieurs options existent selon la gravité du trouble. Le plus courant est l’utilisation d’un appareil de pression positive continue (PPC), qui maintient les voies respiratoires ouvertes durant le sommeil. Toutefois, ce dispositif ne convient pas à tous : environ la moitié des patients cessent de l’utiliser.
C’est pourquoi d’autres solutions ont été développées, telles que l’implantation de dispositifs de stimulation musculaire sous la mâchoire, ou encore des oreillers intelligents actuellement en développement, capables de détecter les arrêts respiratoires et de relancer automatiquement la respiration.
Ces innovations marquent un tournant vers un traitement plus confortable et durable. Mais la clé reste la sensibilisation à ce trouble et son diagnostic précoce, essentiels pour éviter des complications pouvant mettre la vie en danger.
