Le magazine Health souligne que le respect d’un horaire de sommeil régulier contribue à stabiliser le rythme circadien de l’organisme et à réguler son horloge biologique. La revue cite notamment Alison Gaffey, professeure adjointe de médecine cardiovasculaire à la Faculté de médecine de l’Université Yale, qui affirme que le maintien d’heures de sommeil constantes constitue une excellente nouvelle pour la santé du cœur, celui-ci « bénéficiant de la régularité et de la prévisibilité ».
La spécialiste explique également que l’heure du réveil joue un rôle essentiel dans l’exposition à la lumière matinale et dans la régulation de la sécrétion du cortisol. Ce rythme influence aussi le début de la production de mélatonine en soirée et participe à l’accumulation progressive du besoin de sommeil tout au long de la journée.
La régularité du sommeil est associée à plusieurs indicateurs favorables à la santé cardiovasculaire, notamment une meilleure stabilité de la pression artérielle pendant la nuit, une augmentation de la variabilité de la fréquence cardiaque durant le sommeil, une plus grande relaxation des artères ainsi qu’une amélioration de la régulation du métabolisme.
À l’inverse, les troubles chroniques du sommeil sont liés à une augmentation des facteurs de risque cardiovasculaire, tels que l’hypertension artérielle, les troubles du rythme cardiaque et un risque accru d’infarctus.
De son côté, Carlyara Weiss, chercheuse spécialisée dans le sommeil comportemental et professeure adjointe à l’École des sciences infirmières de l’Université de Buffalo, explique que les perturbations du sommeil sont en partie liées à l’irrégularité des horaires de coucher et aux veillées prolongées. Ces habitudes favorisent des comportements peu sains, comme le visionnage de la télévision ou l’utilisation du téléphone portable, augmentant ainsi l’exposition à la lumière bleue et aux contenus stimulants, ce qui retarde et perturbe l’endormissement.
Le fait de rester éveillé tard augmente également la probabilité de consommer des collations nocturnes, susceptibles d’entraîner une prise de poids et d’accroître le risque de résistance à l’insuline, deux facteurs défavorables à la santé cardiovasculaire.
Bien que la majorité des recherches se soient jusqu’à présent concentrées sur la durée du sommeil, Alison Gaffey estime que l’irrégularité des horaires de sommeil pourrait être un indicateur plus pertinent des troubles de l’humeur que le simple nombre d’heures dormies.
Dans cette optique, le respect d’horaires réguliers de coucher et de réveil favorise une sécrétion plus équilibrée des hormones impliquées dans la régulation de l’humeur, notamment la sérotonine, la dopamine et le cortisol, selon Gaffey et Weiss.
Cette régularité contribue également à maintenir la synchronisation de l’horloge biologique interne, permettant au cerveau de passer plus harmonieusement entre les différentes phases du sommeil.
Selon Carlyara Weiss, les habitudes de sommeil régulières influencent directement les phases de sommeil profond, telles que le sommeil paradoxal (REM) et le sommeil non paradoxal, essentielles à la consolidation de la mémoire, à la régulation des émotions et à l’équilibre hormonal.
Enfin, il est important de noter que la mauvaise qualité du sommeil est étroitement associée aux troubles de l’humeur, notamment la dépression et l’anxiété. Ces troubles peuvent à leur tour aggraver les difficultés de sommeil, créant ainsi un cercle vicieux difficile à rompre.
