Microsoft change les règles du jeu linguistique en Europe

Microsoft a annoncé un nouveau plan d’investissement massif en Europe visant à produire des données numériques pour soutenir les modèles d’intelligence artificielle (IA) dans plusieurs langues — plus de 12 au total — dans une démarche destinée à promouvoir la diversité linguistique dans les technologies d’IA, encore largement dominées par l’anglais.

Le président de Microsoft, Brad Smith, a expliqué lors d’une interview accordée à l’Agence France-Presse, le lundi 21 juillet 2025, que l’efficacité continue des modèles d’IA dépend de la disponibilité de données linguistiquement diversifiées. Il a souligné que la dépendance quasi totale à l’anglais risquait de limiter la performance de ces modèles dans d’autres langues.

Smith a précisé que les performances de l’intelligence artificielle baissent de manière significative lorsque les langues utilisées manquent de données suffisantes, poussant naturellement les utilisateurs à recourir à l’anglais. Pour combler cette lacune, Microsoft prévoit d’ouvrir de nouveaux centres de recherche à Strasbourg, en France, dès le mois de septembre, avec pour objectif de produire du contenu numérique dans au moins dix langues de l’Union européenne, dont l’estonien et le grec.

L’initiative comprend la numérisation de livres non anglophones ainsi que l’enregistrement de centaines d’heures d’audio dans différentes langues européennes. L’entreprise a affirmé que toutes les données produites seront en accès libre, sans que Microsoft n’en conserve la propriété.

Cette initiative intervient alors que les voix européennes se multiplient pour réclamer davantage de “souveraineté numérique”, dans un contexte de domination marquée des entreprises américaines et chinoises dans le secteur de l’IA. À travers ce projet, Microsoft cherche à se positionner comme une entreprise respectueuse des exigences européennes en matière de protection de la vie privée et de souveraineté technologique.

Dans le même esprit, l’entreprise a également annoncé un projet numérique visant à recréer une version virtuelle de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Cette reconstitution sera remise au gouvernement français à l’automne prochain, en partenariat avec l’Institut du patrimoine français et la société Iconem. Microsoft a également établi des partenariats avec la Bibliothèque nationale de France et le Musée des Arts décoratifs pour numériser une partie de leurs archives culturelles.

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