alalam24, La plupart des gens craignent de vieillira certains y voyant même « le début de la fin ». Dans la société marocaine également, la perception de la vieillesse détermine souvent la conception de cette « dernière étape » de la vie.
Alors que certains voient la vieillesse comme synonyme de faiblesse et de fragilité, certains seniors décident de relever ce défi en transformant l’automne de la vie en une occasion de bien-être et de plaisir.
« C’est la façon dont nous vivons notre vie qui affecte notre existence dans son ensemble », déclare, avec un ton philosophique, un septuagénaire au visage rayonnant, actif dans une association d’aide aux enfants.
Et cet homme veuf qui voit l’âge comme un simple chiffre explique : « Être utile à soi-même, et à la société si possible, en s’ouvrant davantage au monde, est très important au fil des années, pour éviter les pièges de l’exclusion et de la solitude ».
Pour la défunte « Mi Zhor », la vieillesse n’est pas associée à l’incapacité et ne peut se résumer aux soins. « À plus de 80 ans, elle était pleine de vitalité », se souvient Samah, la femme de son fils avec qui elle a vécu plus de dix ans.
Et elle poursuit d’un ton empreint de nostalgie : « Elle tenait à accueillir toute la famille, enfants et petits-enfants, et à préparer des plats savoureux aux saveurs de l’enfance ».
Dans de nombreux aspects, la vieillesse ne devrait pas être associée à la vision stéréotypée qui consacre l’idée de cette transformation, physique et mentale, que subit une catégorie de la population. D’où l’importance de changer cette perception, et de repenser la façon dont la société gère sa relation avec les personnes âgées avec soin et délicatesse, à travers des stratégies intégrées capables de leur garantir une « vieillesse en bonne santé ».
Selon la Haute Commission du Plan, les personnes âgées (60 ans et plus) représentent 12,7 % en 2023 et devraient atteindre 23,2 % en 2050.
Ce changement démographique, qui se caractérise par l’allongement de la durée de vie, lié au passage de la famille élargie à la famille nucléaire, met la solidarité et la cohabitation entre les générations à l’épreuve. En effet, les liens de solidarité entre les membres de la famille, qui sont encore présents dans le milieu rural, se distendent avec le temps dans les grandes villes, ce qui aggrave le sentiment de fragilité des personnes âgées et leurs besoins affectifs et financiers.
Bien que de nombreux seniors disposent de ressources financières (pensions ou autres) et bénéficient du soutien familial, certains d’entre eux se replient sur eux-mêmes et s’abandonnent à des sentiments de tristesse et de solitude, ce qui peut donner des signes d’être pris au piège de « syndrome d’effondrement ».
Cette spécialiste des relations familiales a ajouté que la perte du conjoint, ou la confrontation à l’inquiétude de la mort, qui s’aggrave en raison du sentiment de solitude, peut pousser certains à abandonner la vie, au lieu de s’investir pour se rétablir et de mobiliser l’énergie nécessaire pour survivre, soulignant que le soutien social reste très important pour préserver le bien-être et la qualité de vie des personnes âgées, car il renforce le sentiment de sécurité et aide à atténuer les effets du stress.
Pour renforcer la capacité de cette catégorie de la société à faire face, à maintenir son équilibre psychologique et à l’aider à atteindre le bien-être et à vivre une « vieillesse en bonne santé », les personnes âgées sont invitées à rester actives socialement et à s’engager dans de nouvelles pratiques adaptées à leurs envies et capacités qui stimulent le cerveau, la mémoire, la concentration et apaisent l’esprit.
