Dans une étude récente publiée dans la revue Nature, des chercheurs de l’Université Columbia aux États-Unis ont dévoilé le développement d’un nouvel outil d’intelligence artificielle baptisé EchoNet, susceptible de révolutionner les méthodes de détection précoce des maladies cardiaques structurelles à l’aide des électrocardiogrammes (ECG) classiques, considérés comme des outils diagnostiques simples et peu coûteux comparés aux technologies avancées.
L’équipe scientifique, dirigée par le Dr Pierre Elias de la Faculté de médecine Vagelos, affirme que EchoNet est capable d’analyser les signaux des ECG et d’identifier les cas nécessitant une échocardiographie – une technique généralement utilisée pour diagnostiquer des troubles structurels du cœur tels que les maladies des valves ou l’hypertrophie cardiaque.
Dans un communiqué de presse, le Dr Elias a déclaré : « L’ECG a longtemps été jugé insuffisant pour détecter les maladies cardiaques structurelles, mais l’intelligence artificielle a prouvé que ce n’est plus le cas. Ce test simple peut désormais servir de méthode préliminaire de dépistage. »
L’intérêt majeur de cet outil réside dans son efficacité économique. Il permet d’orienter plus judicieusement les décisions des médecins quant à la nécessité de prescrire une échographie cardiaque, coûteuse, améliorant ainsi les chances d’un diagnostic précoce tout en réduisant les charges financières pesant sur les systèmes de santé.
L’outil a été testé en comparant ses résultats à ceux de 13 cardiologues qui ont évalué manuellement 3 200 ECG. EchoNet a affiché un taux de précision de 77 %, surpassant largement les spécialistes humains, dont la précision n’a atteint que 64 %.
Cette avancée intervient alors que l’on estime à plus de 64 millions le nombre de personnes atteintes d’insuffisance cardiaque dans le monde, et à 75 millions celles souffrant de maladies des valves. Rien qu’aux États-Unis, le coût du traitement de ces affections dépasse les 100 milliards de dollars par an.
Avec EchoNet, l’intelligence artificielle semble prête à redessiner le paysage du diagnostic des maladies cardiaques, en rendant le dépistage plus précis, moins onéreux, et accessible à un plus grand nombre de patients.


