Mawazine : une cinquième journée placée sous le signe de la diversité musicale entre K-pop, chanson arabe et patrimoine marocain  

La 21ᵉ édition du Festival Mawazine, Rythmes du Monde, a poursuivi son élan avec succès mardi 23 juin à Rabat et Salé, confirmant une nouvelle fois la dynamique insufflée depuis le lancement de cette édition. Après quatre premières soirées ayant rassemblé un large public autour d’univers artistiques variés, cette cinquième journée a proposé un véritable voyage musical réunissant K-pop, chanson arabe, rythmes africains, patrimoine marocain, musique populaire et répertoires de transmission.

Du Chellah à l’OLM Souissi, en passant par Bouregreg, Nahda, le Théâtre National Mohammed V et la scène de Salé, chaque espace a offert une expérience artistique singulière. Cette richesse de programmation a donné à la soirée une dimension particulière, mêlant découvertes, grands rendez-vous populaires, performances scéniques ethommage aux mémoires musicales.

Au Chellah, Susana Travassos et João Frade ont donné le coup d’envoi de cette cinquième journée dans une atmosphère raffinée, entre sensibilité et évasion. Dans ce cadre historique emblématique, leur prestation a offert un moment d’écoute privilégié porté par les nuances de la musique lusophone, le dialogue artistique et une interprétation empreinte d’émotion. Un choix qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du Chellah à Mawazine, espace dédié aux rencontres culturelles et aux expériences musicales intimistes.

Au Théâtre National Mohammed V, Nouamane Lahlou et Sanae Marahati ont proposé une soirée consacrée à l’identité musicale marocaine, à la mémoire et à la transmission. La présence de Nouamane Lahlou, figure incontournable de la chanson marocaine contemporaine, a donné une profondeur particulière à cette rencontre, à travers un répertoire célébrant les villes, les paysages et l’âme culturelle du Royaume.

Lors de son échange avec la presse, Nouamane Lahlou a insisté sur l’importance de rapprocher les jeunes générations du patrimoine musical marocain, à travers une approche capable de préserver l’authenticité tout en répondant aux sensibilités actuelles. Cette vision a trouvé un prolongement naturel sur scène avec Sanae Marahati, dont l’univers artistique s’appuie sur la richesse du melhoun, la force des textes et la profondeur de l’interprétation.

De son côté, Sanae Marahati a souligné que sa participation à Mawazine témoigne de l’attachement du public à cet héritage musical. Sa prestation a rappelé la vitalité d’un patrimoine toujours capable de toucher les générations actuelles, tout en conservant son exigence artistique et son authenticité.

À l’OLM Souissi, le groupe sud-coréen ITZY a constitué l’un des grands moments internationaux de la soirée. Pour sa première participation à Mawazine, la formation a livré un spectacle mêlant énergie, précision chorégraphique et proximité avec ses fans. À travers une performance inspirée des codes de la K-pop mondiale, ITZY a illustré la capacité du festival à accueillir les grandes tendances musicales contemporaines.

Avant leur montée sur scène, les membres du groupe avaient exprimé leur enthousiasme à l’idée de rencontrer le public marocain. Une attente largement confirmée lors du concert, marqué par une forte mobilisation des fans et une ambiance résolument jeune et internationale.

Sur la scène Bouregreg, Serge Beynaud a entraîné le public dans l’univers du coupé-décalé et des sonorités urbaines ivoiriennes. Figure majeure de la scène africaine francophone, l’artiste a proposé un spectacle rythmé et festif, confirmant le rôle de cette scène dans la mise en valeur des talents africains contemporains.

À Nahda, Wael Kfoury a offert une soirée dédiée à la chanson romantique arabe. Très attendu par ses admirateurs marocains, l’artiste libanais a retrouvé la scène de Mawazine avec un répertoire ayant marqué plusieurs générations. Sa voix, son élégance scénique et l’intensité émotionnelle de ses chansons ont contribué à créer un moment privilégié avec le public.

Ce retour de Wael Kfoury a également confirmé la place centrale de la scène Nahda dans l’identité du festival, en tant qu’espace accueillant les grandes voix arabes et favorisant une relation forte entre artistes et spectateurs.

À Salé, Abdellah Daoudi et Youssef Louzini ont offert une soirée aux couleurs de la musique populaire marocaine. Dans une ambiance festive et familiale, le public a retrouvé un répertoire profondément ancré dans la mémoire collective, porté par une proximité particulière entre les artistes et les festivaliers.

Cette cinquième journée a ainsi confirmé la capacité de Mawazine à réunir des univers musicaux différents sans les opposer. La K-pop a dialogué avec la chanson arabe, les rythmes ivoiriens avec le patrimoine marocain, et les sonorités lusophones avec les répertoires populaires du Royaume.

Portée par l’enthousiasme du public et la richesse de sa programmation, cette soirée confirme le succès de la 21ᵉ édition. Jusqu’au 27 juin, Rabat et Salé continueront de vibrer au rythme de Mawazine, avec de nouveaux rendez-vous réunissant artistes internationaux, grandes voix arabes, talents africains et figures majeures de la scène marocaine.

Plus qu’un simple festival, Mawazine demeure un espace vivant de rencontre, de partage et de dialogue entre les cultures.

شاهد أيضا
تعليقات الزوار
Loading...