Une étude américaine récente a mis en évidence un lien fort entre l’utilisation des appareils auditifs et la baisse du risque de développer une démence chez les personnes âgées atteintes de déficience auditive. Les résultats montrent que le port de ces dispositifs pourrait réduire ce risque de près de 61 %.
Selon les chercheurs, la perte d’audition liée à l’âge n’affecte pas seulement la communication, mais peut également avoir des répercussions profondes sur la santé cérébrale. En effet, le cerveau doit fournir un effort accru pour décoder les sons en cas de baisse de l’audition, ce qui impacte négativement les fonctions cognitives et accélère le déclin mental.
L’étude s’est appuyée sur le suivi de près de 3 000 personnes pendant deux décennies. Les données indiquent que ceux qui ont utilisé des appareils auditifs présentaient un risque moindre de développer des symptômes de démence par rapport aux autres. Toutefois, le taux d’utilisation reste faible : seuls 17 % des personnes souffrant d’une déficience auditive modérée à sévère y ont recours.
Les experts soulignent que le traitement précoce de la perte auditive ne se limite pas à améliorer la qualité de vie en termes de communication, mais constitue également un facteur essentiel pour préserver la santé cognitive et prévenir les maladies neurodégénératives liées au vieillissement.
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité de travaux antérieurs, dont une étude menée par l’Université Johns Hopkins, qui a montré que le port d’appareils auditifs réduisait le déclin cognitif d’environ 48 % en seulement trois ans.
Le professeur Frank Lin, spécialiste de l’audition et de la cognition, insiste sur le fait que la prise en charge de la perte auditive ne doit pas être considérée comme secondaire, mais comme une stratégie de prévention efficace contre la démence, d’autant plus que l’isolement social lié à la surdité peut contribuer à accélérer le déclin cognitif.
