Des chercheurs américains développent un traitement expérimental visant à surmonter la résistance des cellules cancéreuses
Des chercheurs américains ont mis au point un composé expérimental qui pourrait constituer une avancée prometteuse dans la lutte contre l’un des principaux obstacles au traitement du cancer. Ce composé a démontré sa capacité à perturber les mécanismes utilisés par les cellules cancéreuses pour survivre et résister aux traitements disponibles.
Les résultats d’une étude menée en laboratoire montrent que ce composé, baptisé CS18, réduit la capacité des tumeurs à résister aux médicaments. Il est également parvenu à restaurer la sensibilité de certaines cellules du cancer du poumon à un traitement qui avait perdu son efficacité avec le temps.
Les conclusions de cette étude ont été publiées dans la revue scientifique Science Advances. Les chercheurs soulignent toutefois que le composé est encore au stade préclinique et n’a pas encore été testé chez l’être humain afin d’évaluer son efficacité et sa sécurité.
Le principal auteur de l’étude, Wei Chen Lin, professeur d’hématologie et d’oncologie au Baylor College of Medicine, explique que les rechutes observées chez de nombreux patients atteints de cancer sont dues à la capacité des cellules cancéreuses à activer des voies biologiques alternatives qui réduisent l’efficacité des traitements. L’équipe de recherche a donc choisi de cibler un mécanisme central impliqué dans plusieurs processus liés à la croissance des tumeurs et à leur résistance.
Les chercheurs se sont concentrés sur une protéine appelée TopBP1, qui joue un rôle essentiel dans la réponse cellulaire aux dommages de l’ADN. Le composé cible une région spécifique de cette protéine, en interaction avec d’autres protéines impliquées dans le développement du cancer, notamment MYC et les formes mutées de la protéine p53. Cette action a permis de limiter leur activité tout en favorisant l’expression de gènes responsables de l’inhibition de la prolifération anormale des cellules.
Les essais ont montré que le composé rétablissait la sensibilité de cellules résistantes du cancer du poumon à l’osimertinib, un médicament utilisé pour traiter les tumeurs associées aux mutations du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR). Les tests réalisés sur des modèles animaux ont également révélé une réduction significative de la croissance tumorale, sans signes évidents de toxicité élevée, ce qui renforce l’espoir de voir émerger, à l’avenir, un nouveau traitement contre le cancer.
