Le Dr Denis Moïsseïev, maître de conférences au département de dentisterie thérapeutique de l’Université Pirogov, a révélé que les dangers des maladies parodontales ne se limitent pas à la cavité buccale, mais peuvent affecter l’ensemble de l’organisme.
Selon l’expert, les maladies parodontales (Periodontal Diseases), qui sont des affections inflammatoires touchant les tissus de soutien des dents au niveau de la mâchoire, jouent un rôle direct dans l’accélération de la formation des plaques d’athérosclérose, constituant ainsi une menace pour les vaisseaux sanguins et le cœur.
Le Dr Moïsseïev compare le parodonte enflammé à « une plaie ouverte qui saigne en permanence » et dont la surface peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres carrés. Il explique que lors de la mastication, du brossage des dents ou même au repos, les bactéries et leurs toxines peuvent facilement pénétrer dans la circulation sanguine.
« Dans des conditions normales, la paroi interne des vaisseaux sanguins est lisse et protégée. Cependant, l’attaque bactérienne continue provoquée par les maladies parodontales — notamment par la bactérie Porphyromonas gingivalis — entraîne une inflammation systémique généralisée. Cette bactérie est capable d’endommager les parois artérielles et de perturber le fonctionnement de leur revêtement interne, accélérant ainsi l’accumulation des plaques d’athérosclérose et favorisant l’agrégation des plaquettes sanguines, ce qui ouvre directement la voie à la formation de caillots potentiellement dangereux », précise-t-il.
Le spécialiste souligne également que les maladies parodontales peuvent évoluer silencieusement pendant de longues périodes sans symptômes évidents. Les saignements légers des gencives, une mauvaise haleine discrète ou un léger déchaussement des dents sont souvent attribués à tort à une brosse à dents trop dure ou simplement au vieillissement. Pourtant, le saignement des gencives lors du brossage ne constitue pas un simple problème esthétique, mais un véritable signal d’alerte nécessitant une prise en charge rapide.
Sur le plan scientifique, le Dr Moïsseïev cite les résultats d’une méta-analyse montrant que les formes sévères de maladies parodontales augmentent d’environ 2,5 fois le risque d’infarctus du myocarde et doublent le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Ces niveaux de risque sont comparables à ceux associés à des facteurs majeurs tels que le tabagisme ou un taux élevé de mauvais cholestérol.
Cependant, contrairement au cholestérol, cette inflammation chronique de la bouche peut souvent être éliminée grâce à quelques consultations chez le dentiste.
À la lumière de ces données, les cardiologues considèrent désormais les maladies parodontales comme un facteur de risque cardiovasculaire à part entière. Les personnes souffrant d’hypertension artérielle ou ayant des antécédents de thrombose ou d’accidents cardiovasculaires sont ainsi encouragées à effectuer un examen approfondi de leurs gencives, dont le traitement peut parfois contribuer davantage à réduire le risque de caillots sanguins qu’une augmentation de la dose de médicaments de type statines.
