Le Maroc a obtenu une reconnaissance internationale de premier plan dans le domaine de l’archéologie, à la suite de la distinction décernée au projet de recherches archéologiques de l’Oued Beht, situé dans la province de Khémisset, qui a remporté le Prix de la découverte de terrain 2025. Cette consécration a eu lieu lors de la sixième édition du Forum mondial d’archéologie, tenue à Shanghai (Chine) du 16 au 18 décembre 2025.
Cette distinction a été attribuée par le Forum de Shanghai d’archéologie, considéré comme l’une des plateformes internationales les plus prestigieuses dans le domaine de la recherche archéologique. Créé à l’initiative de l’Académie chinoise des sciences sociales, le Forum a salué la valeur scientifique exceptionnelle des recherches menées sur le site de l’Oued Beht, ainsi que leur rôle déterminant dans la mise au jour du plus ancien et du plus vaste complexe agricole connu à ce jour en Afrique en dehors de la vallée du Nil.
Le projet est conduit par une équipe scientifique internationale dirigée par l’archéologue marocain et professeur de l’enseignement supérieur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) de Rabat, Youssef Bokbot, en collaboration avec le professeur Cyprian Broodbank du Royaume-Uni et le professeur Giulio Lucarini d’Italie. Cette expérience scientifique renforce la présence du Maroc dans les cercles académiques internationaux et confirme la place du patrimoine archéologique national dans la recherche scientifique mondiale.
Selon un communiqué de l’organisme en charge du projet, le site de l’Oued Beht a été sélectionné à l’issue d’un processus de sélection très compétitif, ayant porté sur 119 candidatures répondant aux critères du programme des prix 2025. Le choix final du projet marocain constitue une reconnaissance de l’excellence de ses travaux de terrain et de sa contribution qualitative au développement de la recherche archéologique à l’échelle mondiale.

Les recherches ont également mis en évidence d’importantes transformations socio-économiques qu’ont connues les premières sociétés agricoles du Maroc, ainsi que leurs relations avec les sociétés néolithiques contemporaines du bassin méditerranéen et de l’Afrique. Elles confirment que le Grand Maghreb était à l’avant-garde de l’innovation dans les premiers systèmes agricoles et sociaux, et non en marge de l’histoire comme le suggèrent certaines approches classiques.
Le projet de recherches archéologiques de l’Oued Beht s’inscrit dans le cadre d’un programme de coopération scientifique internationale et pluridisciplinaire lancé en 2021. Il associe l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine du Maroc, le McDonald Institute for Archaeological Research de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) et l’Institut des sciences du patrimoine relevant du Conseil national italien de la recherche.
Situé dans le centre-nord du Maroc, dans la province de Khémisset, le site de l’Oued Beht est daté de la période comprise entre 3400 et 2900 avant J.-C. Les découvertes archéologiques réalisées sur place ont permis d’obtenir des données inédites sur le développement de l’agriculture à grande échelle, l’organisation sociale et la gestion de l’espace naturel à la fin de la Préhistoire. Elles ont également contribué à réviser les récits traditionnels ayant marginalisé le rôle de l’Afrique du Nord dans les débats sur la complexité des sociétés méditerranéennes.
Les résultats de ces recherches apportent des preuves scientifiques solides des profondes transformations socio-économiques qu’ont connues les premières communautés agricoles du Grand Maghreb, tout en révélant des liens culturels et économiques étroits avec les mondes néolithiques du bassin méditerranéen et de l’Afrique.
Cette distinction vient ainsi réfuter les théories dominantes qui reléguaient la région aux marges de l’histoire, en démontrant que le Maroc n’était pas un simple récepteur des civilisations, mais bien un acteur majeur et une force pionnière dans l’innovation des premiers systèmes agricoles et sociaux du bassin méditerranéen.
Il convient de rappeler que ce vaste projet scientifique a été lancé en 2021 sous la supervision de Youssef Bokbot, archéologue et professeur de l’enseignement supérieur à l’INSAP de Rabat, en partenariat international avec le professeur Cyprian Broodbank de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) et le chercheur Giulio Lucarini du Centre national italien de la recherche.
