Étude.. un médicament contre le diabète améliore la santé cardiaque et réduit le risque de formation de caillots sanguins
Une étude scientifique publiée dans la revue Clinical Investigation et menée par des chercheurs de l’Université du Michigan a mis en évidence un mécanisme potentiel permettant d’expliquer comment le sotagliflozine, commercialisé sous le nom d’« Inpefa » et utilisé dans le traitement du diabète et de l’insuffisance cardiaque, pourrait contribuer à limiter la formation de caillots sanguins responsables de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Les résultats montrent que les bénéfices de ce médicament pourraient aller au-delà de la simple réduction de la glycémie, en agissant notamment sur l’hyperactivation des plaquettes sanguines, dont l’activité excessive peut provoquer l’obstruction des vaisseaux sanguins.
Le sotagliflozine agit en inhibant deux protéines, SGLT1 et SGLT2, impliquées dans la réabsorption du glucose. Afin d’évaluer son efficacité, les chercheurs l’ont comparé à l’empagliflozine (Jardiance), un médicament qui inhibe uniquement la protéine SGLT2.
Les résultats ont révélé que le sotagliflozine réduisait l’activation des plaquettes sanguines chez les personnes en bonne santé comme chez les patients atteints de diabète de type 2, avec une efficacité nettement supérieure à celle de l’empagliflozine.
Lors des expérimentations menées sur des souris, le sotagliflozine a permis de réduire la formation de caillots sanguins de 60 %, contre une diminution limitée à 5 à 10 % pour le médicament utilisé à titre de comparaison.
Les chercheurs ont également constaté que la suppression génétique de la protéine SGLT1 dans les plaquettes des souris entraînait une réduction de 40 % de la formation de caillots. Cette observation confirme le rôle central de cette protéine, sans toutefois expliquer à elle seule l’ensemble des effets du médicament.
L’équipe scientifique estime que d’autres mécanismes pourraient intervenir dans la prévention de la formation de caillots sanguins, notamment l’action potentielle de la protéine SGLT1 présente dans les cellules qui tapissent la paroi interne des vaisseaux sanguins.
Cette découverte pourrait ouvrir la voie au développement de nouveaux traitements capables de prévenir la formation de caillots sans augmenter le risque de saignement.
Les chercheurs envisagent désormais de solliciter les autorisations nécessaires pour mener des études complémentaires afin d’évaluer les effets du médicament chez les patients souffrant de maladies rénales chroniques ou de fibrillation auriculaire.
Ils soulignent toutefois que les résultats obtenus reposent, à ce stade, sur des expériences en laboratoire et sur des modèles animaux. Ils ne constituent donc pas une preuve définitive que le sotagliflozine permet de prévenir directement les crises cardiaques ou les AVC chez l’être humain.
Des essais cliniques supplémentaires seront ainsi nécessaires avant de pouvoir envisager son utilisation à ces fins.
