Ifrane au cœur d’une initiative méditerranéenne pour la préservation du patrimoine forestier

Le Parc national d’Ifrane a abrité, les 20 et 21 octobre 2026, une rencontre scientifique régionale consacrée à l’amélioration des techniques d’inventaire forestier et à la préservation de la diversité génétique des arbres. Selon les informations communiquées dans le cadre du projet MEDFORGEN, cette initiative a rassemblé plus de 30 experts, chercheurs et professionnels du secteur forestier issus de plusieurs pays du sud et de l’est de la Méditerranée.

Cette première session régionale de formation de formateurs avait pour objectif de développer les compétences des participants en matière d’observation, d’évaluation et de suivi des ressources génétiques forestières, dans un contexte où les écosystèmes méditerranéens subissent une pression croissante liée aux changements climatiques.

Le programme MEDFORGEN, consacré aux ressources génétiques forestières méditerranéennes, est mis en œuvre par l’Institut européen des forêts (EFI) avec le soutien financier de l’Union européenne. L’organisation de cette rencontre s’est effectuée en collaboration avec l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), le Conseil supérieur de la recherche scientifique d’Espagne (CSIC) et l’Université Mohammed V de Rabat.

Les travaux ont associé des présentations scientifiques à des activités pratiques sur le terrain, permettant aux participants d’examiner différentes méthodes d’inventaire intégrant les caractéristiques génétiques des populations d’arbres.

Le choix du Maroc pour accueillir cette formation s’appuie notamment sur son expérience dans le suivi des écosystèmes forestiers et la conservation du cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica). Rahbi Amar, responsable du Centre d’innovation, de recherche et de formation forestières de l’ANEF et représentant national au sein de MEDFORGEN, a mis en avant l’expertise acquise par le Royaume dans ce domaine ainsi que l’intérêt scientifique du Parc national d’Ifrane pour ce type de travaux.

La formation a également accordé une place importante à la transmission des connaissances. Des équipements de terrain ont été remis aux participants afin de faciliter l’application des techniques étudiées et leur diffusion auprès des étudiants, des techniciens et des professionnels concernés dans leurs pays respectifs.

Dans cette perspective, l’enseignement supérieur est appelé à jouer un rôle dans la continuité du suivi forestier. La professeure Leila Medraoui, de l’Université Mohammed V de Rabat, a notamment souligné la possibilité d’intégrer ces méthodes aux programmes universitaires et de mobiliser régulièrement les étudiants pour collecter des données sur les mêmes espaces forestiers.

Cette démarche pourrait contribuer à constituer, au fil des années, des séries de données permettant de mieux comprendre l’évolution des forêts et de leur diversité génétique.

La question revêt une importance particulière face à l’augmentation des températures, aux épisodes de sécheresse et aux risques d’incendies qui affectent les régions méditerranéennes. La diversité génétique des arbres représente, en effet, un élément essentiel de leur capacité à s’adapter aux transformations environnementales.

Selon la professeure Magda Bou Dagher Kharrat, coordinatrice de MEDFORGEN et responsable d’EFI Méditerranée, les inventaires forestiers constituent des instruments fondamentaux pour évaluer l’état des forêts, mais leur prise en compte des caractéristiques génétiques demeure encore limitée.

L’initiative vise ainsi à encourager l’adoption de méthodes communes et à développer un réseau régional de formateurs capables de mettre en œuvre des protocoles harmonisés.

De son côté, Juan Pedro Castro, chargé de programme à la direction générale du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Golfe (DG MENA), a présenté le soutien européen au projet comme une contribution au renforcement des compétences locales et à la production de connaissances utiles à la protection de la biodiversité forestière méditerranéenne.

Au Maroc, cette démarche rejoint les objectifs de la stratégie nationale « Forêts du Maroc 2020-2030 », qui prévoit notamment la préservation du patrimoine forestier, l’amélioration de sa gestion et le renforcement de la capacité des écosystèmes à faire face aux changements climatiques.

L’implication de l’ANEF dans cette coopération régionale s’inscrit dans une dynamique associant recherche scientifique, formation et échange d’expertises pour améliorer les outils de suivi et de conservation des ressources forestières.

Déployé sur la période allant d’octobre 2025 à septembre 2029, MEDFORGEN associe dix pays du sud et de l’est de la Méditerranée. Le projet prévoit notamment l’élaboration de feuilles de route nationales pour la conservation des ressources génétiques forestières, le développement d’un réseau méditerranéen d’unités de conservation génétique et le renforcement de la coopération entre institutions publiques, chercheurs et professionnels du secteur.

La rencontre organisée à Ifrane constitue ainsi une étape dans la mise en place d’approches partagées pour mieux connaître les ressources génétiques forestières et accompagner leur préservation à long terme.

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