Étude : les facteurs génétiques rendent les femmes plus vulnérables aux maladies auto-immunes que les hommes
Des recherches récentes ont révélé l’existence d’une prédisposition génétique plus importante chez les femmes aux maladies auto-immunes par rapport aux hommes. Cette différence peut désormais être expliquée grâce à la découverte de variations biologiques précises dans le fonctionnement du système immunitaire selon le sexe.
Selon l’étude publiée dans le « American Journal of Human Genetics », plus d’un millier de clés génétiques agissent différemment dans les cellules immunitaires des hommes et des femmes, ce qui entraîne une activité accrue des voies inflammatoires chez les femmes.
Les chercheurs ont analysé plus de 1,25 million de cellules immunitaires provenant d’environ mille personnes, en utilisant une technologie avancée permettant de détecter des variations génétiques qui n’avaient pas été observées dans les études précédentes.
Les résultats ont montré que l’activité génétique chez les femmes est fortement orientée vers les mécanismes inflammatoires, avec une augmentation des cellules B productrices d’anticorps ainsi que des cellules T. Chez les hommes, l’activité génétique est davantage liée aux fonctions de maintenance cellulaire et à la production de protéines, avec une proportion plus élevée de monocytes, considérés comme la première ligne de défense immunitaire, ce qui les rendrait plus vulnérables aux infections.
À ce sujet, la docteure Sarah Ballouz a expliqué que ce profil immunitaire offre aux femmes un avantage dans la lutte contre les virus, mais qu’il s’accompagne d’un coût biologique se traduisant par un risque accru de maladies telles que le lupus ou la sclérose en plaques.
De son côté, la docteure Sihem Yazar a souligné l’importance de prendre en compte le sexe du patient dans l’étude du système immunitaire, estimant que l’ignorance de ces différences limite la compréhension des maladies et peut affecter l’efficacité des traitements.
Ces résultats confirment ainsi qu’un système immunitaire plus réactif chez les femmes, malgré son efficacité contre les virus, entraîne une contrepartie biologique augmentant les risques de développer des maladies auto-immunes.
