Des scientifiques de l’Université Johns Hopkins, aux États-Unis, en collaboration avec l’Imperial College, ont réussi à mettre au point une méthode innovante permettant de détecter et de suivre les débris spatiaux hors de contrôle lors de leur entrée dans l’atmosphère terrestre. Cette approche repose sur la reconversion des réseaux de capteurs sismiques, initialement conçus pour surveiller les vibrations de l’intérieur de la Terre, en outils de suivi spatial.
Selon l’équipe scientifique, les fragments de débris émettent des ondes sonores semblables à des ondes de choc lorsqu’ils pénètrent dans l’atmosphère à des vitesses supersoniques. L’analyse de ces signaux permet de déterminer avec précision la trajectoire des débris, leur vitesse, leur altitude ainsi que le moment de leur fragmentation.
L’expérience a prouvé son efficacité lors de tests menés sur le module orbital chinois « Shenzhou-15 » au-dessus du sud de la Californie. Les données ont montré que l’engin se déplaçait à une vitesse comprise entre 25 et 30 Mach, soit environ 7,8 kilomètres par seconde, avant de se consumer entièrement.
Les scientifiques ont souligné que cette technologie renforcera à l’avenir la surveillance des débris spatiaux afin de réduire les risques qu’ils représentent pour l’aviation et les infrastructures, de localiser les zones de chute des fragments qui ne se consument pas totalement, et de mieux comprendre les mécanismes de désintégration des objets ainsi que la dispersion des particules fines.
Cette avancée intervient alors que les débris spatiaux constituent une préoccupation mondiale croissante, l’Agence spatiale européenne estimant à 1,2 million le nombre de fragments dangereux en orbite autour de la Terre, un chiffre appelé à augmenter avec la mise hors service d’un nombre toujours plus important de satellites.
